Le 28 août 1994 vers 8 heures du soir, le père Jean-Marie Vincent a été assassiné par les sbires de la dictature militaire de l'ancien général Cédras. Il avait 49 ans.
La Fondation Jean-Marie Vincent, a été constituée dans l’émotion et la réflexion qui ont suivi son assassinat. Les statuts ont été adoptés lors de l'Assemblée générale du 25 mars 1995.
Elle est une initiative de la famille, des amis de toutes provenances sociales, de membres de sa Congrégation monfortaine, de prêtres, religieux et religieuses. Les communautés paysannes au sein desquelles le père Jean-Marie Vincent a été très actif ont joué un rôle important dans cette initiative.ôle important dans cette initiative.
Objectif
Outre la perpétuation de la mémoire du père Jean-Marie Vincent, la Fondation se donne pour tâches d’assurer la continuité de ce qu’il a commencé, de prendre seule ou avec la participation d’autres institutions, de nouvelles initiatives en fonction des nouveaux contextes, mais toujours au service du combat, qui fut celui de Jean-Marie Vincent, aux côtés des populations pauvres et marginalisées pour l’édification d’une société égalitaire.
Organisation
Selon ses Statuts, la Fondation est structurée de la manière suivante:
- L'Assemblée générale (AG) composée de tous les membres de l’institution
- Le Conseil de Direction (CD) qui dirige la Fondation
- Le Secrétariat Exécutif (SE) qui s’occupe de la gestion
- Les Commissions ou Groupes de travail créés selon les besoins.
Conseil de Direction
Le Conseil de Direction actuel déjà reconduit, dont le mandat arrive à terme le 20 octobre 2011 est formé de:
Domaines d'activités
Sous la direction du Conseil de Direction, la Fondation réalise son objectif à travers divers programmes dans les domaines suivants (présentation alphabétique et non d’après priorité):
- Agriculture
- Alphabétisation
- Culture
- Economie
- Environnement
- Justice
- Loisirs
- Santé.
- Théologie de Libération
- Information
Projets prioritaires
A. Parc Naturel de Lafiteau
En Haïti, la catastrophe écologique longtemps annoncée se manifeste actuellement un peu partout sur le territoire. Avec moins de 1% de couverture végétale et un relief si agité, le pays entre définitivement dans une phase avancée de délabrement écologique.
Il y a plus de 20 ans, Jean-Marie Vincent avait compris le danger et la nécessité de s'engager définitivement dans une démarche de réparation et de défense de notre environnement. C'est ainsi, que vers la fin de la décennie quatre-vingt, il projetait de mettre en place un centre écologique à Lafiteau dénommé « Centre Nature » destiné à développer des programmes de conservation et de recherches environnementales, d'enseignement et d'éducation écologiques et aussi de tourisme alternatif. Aujourd'hui, la Fondation est décidée à aller de l'avant dans la poursuite de ce noble projet. Et cela, tant dans un esprit de participation citoyenne à la restauration de notre patrimoine en voie de totale disparition que pour rester dans la logique de sa responsabilité de sentinelle de la mémoire de Jean-Marie Vincent.
La définition technique du projet et l'avancée actuelle des travaux de l'aménagement du Parc de Lafiteau sont disponibles sur fvjm.org.
B. Dossiers Justice
I. Assassinat du père Jean-Marie Vincent
Le 28 août 2009, soit 15 ans après l’assassinat du père Jean-Marie Vincent, la justice haïtienne ne semble accorder aucune attention effective au traitement de ce dossier. L'enquête ouverte et poursuivie s'est heurtée à des difficultés de tout ordre, selon des déclarations évasives des responsables.
Divers juges d'instruction ont en principe travaillé sur le dossier, mais 15 ans après les proches du prêtre assassiné attendent en vain que justice soit rendue.
II. Massacre de Jean-Rabel
Il en est de même pour le dossier des 139 paysans victimes du massacre de Jean-Rabel, le 23 juillet 1987, il y a donc 22 ans. Les présumés commanditaires et les exécuteurs ayant pris part à ce massacre vont et viennent sans crainte, aucune démarche sérieuse n’a été entreprise pour les arrêter, les juger et dédommager les victimes ainsi que leurs familles.
22 ans après, ce dossier lui aussi, semble être au point mort.
Mais, année après année, gouvernement après gouvernement, la Fondation Jean-Marie Vincent et des organisations populaires de la région du Nord-Ouest, notamment Tèt Kole Ti Peyizan restent mobilisées sans défaillances sur ces deux dossiers. Seules ou accompagnées par d’autres organismes de défense des droits de l’homme du pays, elles ne cessent d’élever leurs voix pour réclamer justice.